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Petite histoire du convivialisme

L’idée du convivialisme est née lors d’un colloque franco-japonais que j’ai eu le privilège de pouvoir co-organiser à la Maison Franco Japonaise de Tokyo.
Il s’est tenu les 10-11 juillet 2010 sur le thème « Vers une société de convivialité avancée » qui faisait référence à un ouvrage d’Ivan Illich. Un ouvrage intitulé « Tools for conviviality » en anglais et « la convivialité » en français. L’auteur y prône l’avènement d’une société conviviale. .



L’objectif que partageaient tous les intervenants et nombre des participants au colloque était d’en finir avec des sociétés qui sont à la poursuite incessante de la croissance matérielle, quantitative, monétaire. Ils se demandaient s’il était possible et comment, d’orienter nos sociétés, vers une vie de meilleure qualité pour toutes et pour tous. Ces sociétés espérées étaient dénommées provisoirement sociétés de convivialité avancée.

Parmi les intervenants Français se trouvaient Alain Caillé, Serge Latouche, Michel Renault, Patrick Viveret et moi-même. Parmi les intervenants Japonais, il y avait Makoto Katsumata qui était co-organisateur, Jun Nishikawa qui vient (en 2017) de coordonner (avec moi) la publication en japonais du Manifeste, mais aussi Takayoshi Kusagô, Yasuo Inoue, Makoto Maruyama, Yoshihiro Nakano. De nombreux participants ont questionné et commenté les présentations comme le fit entre autres Osamu Nishitani. Nous avions aussi le soutien et la participation du Conseil de l’Europe avec Gilda Farell et Samuel Thirion et le directeur de l’Institut Allemand d’Etudes Japonaises de Tokyo, Florian Coulmas.

A l’issue des deux jours de colloque ceux qui le pouvaient, et qui le souhaitaient, se sont réunis autour d’un pot pour tirer ensemble quelques leçons des débats. Ils se sont alors rappelés, en sa présence, qu’Alain Caillé avait émis l’idée qu’on devrait avoir un terme en -isme pour caractériser la démarche intellectuelle que nous cherchions à définir. Le petit groupe décida tout de go qu’il fallait avancer dans cette direction et se constitua en assemblée fondatrice du « convivialisme ».




Grâce à Makoto Katsumata, co-organisateur du colloque, la plupart des communications ont été publiées en japonais dans un ouvrage paru chez Commons en 2011.
REFRAMING SOCIETY, Conviviality not growth, 脱成長の道 – 分かち合いの社会を創る Commons, Tokyo, 2011. 勝俣 誠 マルク・アンベール On y trouve aussi le fac simile du document signé de l’Assemblée fondatrice du convivialisme du 11 juillet 2010.



De retour en France, Alain Caillé s’est mobilisé sur ce projet de développer un nouveau courant intellectuel, une nouvelle direction de philosophie politique. Pour cela il fallait recruter au-delà des initiateurs. Nous avons commencé par publier en français des textes inspirés de nos communications : Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche, Patrick Viveret, 2011, de la convivialité – dialogues sur la société conviviale à venir, Paris, La Découverte. Puis Alain Caillé a adressé un ouvrage (Alain Caillé, 2011, Pour un Manifeste convivialiste, Paris, Le Bord de l’eau) qu’il avait rédigé dans la foulée à une cinquantaine d’intellectuels pour leur proposer de préparer un Manifeste.

A partir de 2012, ceux qui avaient été intéressés par cette proposition, se sont réunis à peu près une fois par mois autour de lui pour préparer ce Manifeste. Après une dizaine de réunions, Alain Caillé a écrit un premier jet qui a été soumis à la discussion générale et amendé. Si une quarantaine de personnes ont participé à une ou plusieurs réunions, toutes n’étaient pas là chaque fois. Moi-même, rentré en France en septembre 2012 je n’ai participé régulièrement à ces réunions qu’après cette date, Mais toutes ces personnes ont été consultées sur le texte qui a connu plusieurs révisions. Dans la dernière phase, soixante-cinq personnes ont donné leur accord avec le texte final. Parmi elles quelques francophones résidant à l’étranger, mais séjournant parfois en France.



Le Manifeste convivialiste – déclaration d’interdépendance est ainsi sorti aux éditions du bord de l’eau en 2013 avec ces soixante-cinq co-auteurs, bien vite rejoints par des « premiers signataires » nombreux. Plus de 150. Et quelque temps plus tard un site internet (http://lesconvivialistes.org) a été créé permettant aux lecteurs de signer électroniquement leur soutien à cette démarche. Ils sont plus de 3 700 aujourd’hui (mars 2018). Un abrégé du manifeste en français, puis des versions en une dizaine de langues ont été mis en téléchargement gratuit sur le site, de même que le texte en français du Manifeste en version intégrale.

Ensuite des éditions du Manifeste en langue étrangère ont été disponibles : anglais et allemand en 2014, italien en 2015, portugais (du Brésil) en 2016 et japonais en 2017. D’autres publications en français et en langue étrangère ont été organisées autour des idées du convivialisme. Des débats également.





Enfin, le 18 janvier 2018, a eu lieu le lancement à Paris, d’un club convivialiste destiné à mieux faire connaître ce mouvement de pensée appuyé par plusieurs centaines d’intellectuels professionnels et qui a également le soutien d’un nombre croissant d’intellectuels pratiques dans les entreprises, les administrations, les associations. Toutes et tous veulent un autre type de modernisation du monde, l’argumenter et proposer des mesures permettant de la mettre en chantier. Il est bien sûr en projet d’étendre cette mobilisation des idées à l’échelon planétaire en lançant un réseau international convivialiste.




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