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Convivialism in English



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Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, les progrès techniques, sociaux, politiques
laissaient espérer un avenir d’abondance et de paix.
Mais cette machinerie n’a pas tenu ses promesses.
« Une grande bifurcation s’impose ».


Vœux d’un bel avenir pour nos enfants à naître

Publié le 13 janvier 2023 par Ouest-France télécharger le fac-simile en pdf ou le post d'altersocietal


Un monde bien meilleur dans cinquante ans ? Il faut y croire, y contribuer, même si les perspectives sont loin de celles vécues au sortir optimiste de la Seconde Guerre mondiale. La mise en place de l’Onu, la décolonisation et la promesse du développement faite au tiers-monde, l’apparition des avions à réaction et des fusées, des ordinateurs, des téléviseurs, la généralisation des téléphones, des automobiles et autres équipements ménagers, l’accès presque universel à l’éducation, à la démocratie et à la culture… Tout cela donnait à espérer des décennies de progrès matériels, de sérénité et de paix.

Beaucoup rêvaient même que l’on pourrait faire la synthèse des régimes capitalistes et communistes. Et les prévisions pour l’an 2000 faisaient entrevoir la possibilité d’une ère d’abondance et de paix universelles.

Adieu, glorieuse machinerie du passé !


Trente ans plus tard, il a fallu constater que la machinerie de l’abondance et de la paix s’était bien enrayée et même pire : les avancées enthousiasmantes montraient déjà qu’elles ne pourraient se poursuivre et qu’elles n’avaient bénéficié qu’à une minorité privilégiée de l’humanité. Un demi-siècle encore plus tard, la voie que nous avons continué d’emprunter est clairement sans issue ou plutôt nous mène à l’extinction.

Une grande bifurcation s’impose. Qu’on choisisse d’organiser cette bifurcation ou qu’elle nous soit imposée par des catastrophes naturelles et des guerres. Il est donc raisonnable de former l’hypothèse qu’au bout d’un demi-siècle, sera accompli ce grand chambardement nécessaire. C’est alors un autre monde dans lequel auront à vivre nos enfants à naître. Comment et en quoi pourrait-il être bien meilleur ?

Il le sera si nous prenons des mesures radicales, sans trop tarder : sinon nous les prendrons forcés par la série de catastrophes de plus en plus terribles que nous réservent les vingt à trente années qui viennent. Il faudra prendre grand soin les uns des autres pour adoucir l’éco-anxiété envahissante, tout en abandonnant le productivisme et l’extractivisme.

Bienvenue, promesse conviviale de l’avenir !


Dés-accélération des rythmes de vie, recyclage systématique et réparabilité des outils nécessaires à nos réels besoins, sobriété industrielle et énergétique, consommations alimentaires, habillement et habitat, centrés sur le végétal… Toutes ces bifurcations entraîneront une souffrance certaine. Qu’il faudra soigner. Par la parole et l’attention.

Mais peu à peu la souffrance sera compensée par les plaisirs retrouvés de l’autoproduction – étendue, au-delà de la cuisine et du bricolage, au micro-jardinage et à l’artisanat diversifié. Et par le bonheur de renouer un lien fort avec notre milieu naturel, avec les autres vivants, les plantes, les fleurs, et les émotions esthétiques du paysage. Les relations de marchés anonymes et les relations humaines marchandes seront réduites, mais les relations humaines chaleureuses seront multipliées et redonneront à nos vies leur plénitude.

Dans cinquante ans aura repris un mouvement de civilisation centrée sur la culture ; nos enfants (encore à naître aujourd’hui) cultiveront l’art de vivre ensemble dans la convivialité. Ils trouveront étrange cette période 1970-2020 pendant laquelle l’humanité a dangereusement dérapé. Elle avait tout pour permettre à tous les humains de vivre dignement. Mais la démesure a emporté ses élites dans une compétition infernale qui a failli mener à l’extinction de l’espèce. Heureusement un sursaut aura pu se faire jour et nos enfants à naître vont poursuivre la participation de l’espèce à l’évolution de l’univers. Chers enfants à naître, tous mes vœux pour ce bel avenir !

Marc Humbert, professeur émérite d’économie politique (Université de Rennes, Liris)
Vice-président de l’association des convivialistes.


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