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Convivialism in English



TRIBUNE accueille ici mes points de vue convivialistes liés à l'actualité.
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Cela fait deux générations, presque 50 ans, que s'est tenu, en 1972,
le premier sommet de l'ONU sur l'environnement :
il est plus que temps de nous mobiliser avec une détermination citoyenne. Nous disposons de moyens d'actions simples, dont il est facile de nous saisir, pour que nous, citoyens de cette planète, prenions enfin réellement soin de la Terre.
Des mesures courageuses d'accompagnement sont à prendre par les pouvoirs publics pour que nos actions soient les plus efficaces possibles sans pour autant porter atteinte à notre bien-être, bien au contraire.
C’est une bonne résolution pour 2021.

Résolution 2021: prendre vraiment soin de notre Terre

Publié sur Ouest-France, le 28 janvier 2021 télécharger le post altersocietal ou regarder le facsimile de OF papier

Nous sommes une multitude à avoir ce souci « écologique », un peu idéal, de prendre soin de la Terre. Nous sommes prêts à faire quelque chose, certes qui ne réduise pas notre bien-être, ce dont les écologistes durs semblent nous menacer.
Nous évitons les excès d’éclairage et de chauffage, nous ne gaspillons pas l’eau, nous renonçons aux emballages plastiques, nous recyclons au mieux nos déchets. Mais sans effet apparent sur la situation globale. D’autres modifications de comportement pourraient influer de manière significative sur la santé de la Terre.

Dans deux domaines elles seraient à même, - au titre par exemple d’une résolution pour 2021, sans réduire notre bien-être matériel, tout au contraire-, de redonner des couleurs à la Planète. Il s’agit de notre alimentation et de nos déplacements.

Choisir une alimentation moins carnée

L’agriculture et les transports sont, en effet, responsables, ensemble, de 38% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), 46% en France. L’empreinte carbone totale de la France est due, pour plus du tiers, à l’agriculture et au transport routier. Modifier nos habitudes en ce domaine sera bénéfique pour notre bien être tout en ayant un impact significatif sur la situation planétaire.

Dans l’agriculture, l’élevage est responsable de la moitié de l’empreinte carbone et des trois quarts des Gaz à effet de serre. Avec une part des aliments pour animaux qui est importée et produite après déforestation en Amazonie. Avec une autre part produite au détriment de la production de nourriture humaine : 80 % des terres arables dans le monde (et en France) servent pour les animaux alors que certains s’inquiètent de notre capacité à nourrir le monde.

La consommation de viande s’est accrue filant vers le niveau nord-américain : 124kg/ an aux Etats-Unis, en France nous en sommes à 84kg.

Cette surconsommation de viande nuit à notre santé. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) en a pointé, en 2015, la responsabilité dans les maladies cardiovasculaires, les diabètes de type 2 et certains cancers. Si nous décidons de nous tourner vers une alimentation moins carnée et plus variée en légumes, une politique agricole adaptée devra soutenir la conversion des agriculteurs. Et nous commencerons à réduire nos émissions de GES. Ce serait bon pour la Terre et bon pour notre bien-être. Voyons notre autre levier d’action.

Prioriser la marche, le vélo, les transports en commun

Les transports produisent, en France, 31% des émissions de GES – 28% pour la route. Passer à l’automobile électrique, c’est substituer au pétrole une énergie électrique dont il faut accroître la fourniture. La production de ces véhicules est gourmande en ressources rares et polluante en GES et en déchets. Réduisons plutôt la place de l’automobile.

Organisons nos villes pour les piétons et les cyclistes, avec des transports en commun gratuits. Apprécions la vie avec des commerces de proximité, faisons nos courses à pied avec un chariot, emmenons les enfants à la librairie, à la médiathèque, évitons les grands centres commerciaux périphériques. La forte densification des transports en commun dans les bassins d’emploi est un choix collectif impératif. Pour aller loin de notre domicile, préférons le train, sur place à l’occasion, louons un véhicule.

Dans ce domaine aussi les pouvoirs publics devront s’adapter à la volonté citoyenne et prendre les mesures pour accompagner cette réduction des GES et des pollutions sources de maladies pulmonaires et cardiovasculaires.

En divisant par deux notre consommation de viande et nos kilomètres parcourus en voiture, nous contribuerons de manière significative à restaurer la santé de la Terre.

Marc Humbert, convivialiste, professeur émérite d’économie politique (Université de Rennes, Liris)


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