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Convivialism in English

En librairie, le 12 février 2020 - Une issue conviviale aux mouvements sociaux et citoyens

TRIBUNE accueille ici mes points de vue convivialistes liés à l'actualité.
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La société branchée et ses périls.

La société branchée apporte la transparence et on entend la réponse de certains à ceux qui s’en inquiètent : celui qui n’a rien à se reprocher ne craint pas la transparence. Ce n’est pas si simple, doit-on à tout moment et en tout lieu se retrouver comme sur la place publique ? Si l’anonymat permet de cacher nos turpitudes ou d’injurier sans risque de représailles, cet anonymat n’est que factice, la société branchée nous retrouve et nous met en pâture tel que nous sommes, nus, sur la place publique et manipulables, par des maîtres chanteurs, par des chercheurs de profits ou par un Etat totalitaire. La société branchée est au péril des excès de sa démesure et nous prépare un monde tout aussi invivable que les excès productivistes qui menacent de rendre la terre inhabitable.


Posté sur altersociétal le 18 février 2020

Nous sommes arrivés à un point d’évolution du numérique où il est temps que l’éthique et le politique viennent aux commandes de sa régulation. Ce n’est pas que je sois un résistant irréductible face au numérique, au contraire j’en ai été un accompagnateur engagé.

J’ai utilisé professionnellement l’informatique dès 1966, puis accompagné l’apparition d’internet en 1983. J’ai loué l’opportunité de l’informatique individuelle avant même l’arrivée du PC d’IBM en 1981, et créé le concept de domotique en 1982. J’ai introduit la bureautique dans ma faculté d’économie, et dix ans plus tard on y mettra des PC en réseau dans l’enseignement. Lors du passage au 3ème millénaire, j’ai organisé la confection du site internet de l’université de Rennes 1 alors que j’étais parmi les premiers utilisateurs d’un téléphone portable. J’ai sorti en 1997 un ouvrage sur l’évolution passée en annonçant cette société branchée. J’en voyais surtout les bénéfices, incontestables, au-delà de certains éléments « gadgets ».

J’avais minimisé la dimension sociologique, la survenue de la totale transparence individuelle et de la facilitation de la surveillance sociale privée ou étatique.



Transparence et surveillance.


La transparence individuelle, c’est la disparition de l’anonymat et de la sphère privée. La vie individuelle est mise à nu sur un espace quasi-public pour des « hackers », pour des firmes, entre autres du numérique, pour l’Etat ou d’autres organisations. C’est le prix de l’accès à ces facilités d’échanger -communiquer- des messages audio, des images, des vidéos, des écrits, avec tout un chacun, le prix pour bénéficier de tout ce qui a été dit, vu, fait depuis toujours. Il faut s’identifier sur les plates-formes d’interface dont les algorithmes – « de l’intelligence artificielle » sélectionnent pour nous, en raison de notre profil, quelques propositions – parmi des millions et gardent en mémoire notre localisation, nos choix, nos échanges et nos réactions. L’internet des objets à venir, mais déjà les compteurs linky, les téléviseurs à caméra chez nous, les gps de nos smartphones -utilisés jusque dans nos sphères les plus intimes-, les caméras « de surveillance » bientôt partout, et les systèmes de reconnaissance faciale presque sûrs, permettent de savoir à tout moment où nous sommes et ce que nous faisons.

Pour Shoshana Zuboff c’est l’ère du capitalisme de surveillance exercée par des firmes qui en tirent d’énormes profits. David Stilwell, avec une étude sur 2 millions de volontaires, a montré qu’un algorithme pouvait prévoir nos choix en observant des « likes » déjà faits, la prédiction est aussi bonne que celle d’un conjoint à partir de 226 « likes ». Nous sommes nus et bien sûr manipulables. Lorsqu’un Etat s’en empare cela fait penser à l’état totalitaire mis en scène dans 1984 par George Orwell. Certains comme Alain Frachon se demandent si ce n’est pas cela qui est en cours d’installation en Chine.

Nous reconnaissons aujourd’hui que les techniques productivistes, faute de trouver un accord politique d’autolimitation et de le respecter, nous entraînent vers un monde terrestre inhabitable pour les générations futures. La démesure des technologies du numérique – loin d’être « vertes » - nous entraînent vers des sociétés de surveillance généralisée, capitaliste ou étatique où le privé a disparu. Il est urgent que dans ce domaine aussi, l’éthique et le politique reprennent la main sur le technique et l’économique, pour construire un futur qui reste convivial.

Marc Humbert, Professeur émérite à l’université de Rennes 1, convivialiste.

La nouvelle cordée - un film espoir de Marie Monique Robin pour commencer 2020 !

Le sujet principal de ce film est de montrer - dans le cas de Mauléon (Deux-Sèvres)- tout l'apport du système imaginé par ATD Quart Monde (Patrick Valentin) et mis sur orbite publique grâce à Laurent Grandguillaume (ex député PS de Côte d'Or). Ces expérimentations ont démarré officiellement en janvier 2017 dans dix territoires. Il permet de redonner pleine vie par l'emploi qu'ils obtiennent, à tous les chômeurs de longue durée sur un territoire qui se mobilise - TZCLD = Territoire zéro chômeur de longue durée. Un territoire dont la population est non seulement mobilisée pour l'opération mais qui en bénéficie du fait de l'accès qu'il permet à des biens et services indisponibles auparavant.


Le film est sorti en salle le 20 novembre 2019 dossier de presse à télécharcher
et la bande annonce

Marc Humbert
Professeur émérite à l’université de Rennes
Vice-président de l’association des convivialistes

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